Journées du Logiciel Libre 2026

Internet : tout cramer pour repartir sur des bases saines.
30/05/2026 , Conf 1 - Amphi Descartes

Enshitification partout, justice nulle part… Le web part en vrille. Et nous ? On regarde faire ?


En trente ans, Internet est passé d’un réseau distribué de publications interconnectées à un ensemble de plateformes centralisées captant l’essentiel des usages. Une poignée d'acteurs dominants contrôlent l’hébergement, les réseaux sociaux, la distribution des applications, les infrastructures cloud et désormais l’intelligence artificielle. La dépendance technique est devenue dépendance économique, puis dépendance politique.

Le web s'est "emmerdifié" : il est saturé de scripts, de traqueurs, de passages forcés. Il est plus énergivore, plus opaque dans son fonctionnement. Avec l'IA, il devient de plus en plus difficile de démêler l'info du faux. L'idéal d'un internet comme espace de partage commence à s'effacer complètement devant celui d'un outil servant avant tout à capter notre attention.

Revenir en arrière est impossible, sauf si les limites planétaires nous l'imposent.
En revanche, il est possible de bifurquer vers un « internet des communs » (ou « internet des copains », si vous préférez).
Un internet convivial, décentralisé, fédéré (si possible), interopérable, sobre, où l'infrastructure et les logiciels sont au service des usages, et non l'inverse.

Politiquement, cela signifie redonner du pouvoir d'agir aux individus et collectifs, sortir de la dépendance aux monopoles numériques, réaffirmer la logique des communs (gouvernance partagée, mutualisation, transparence), défendre un espace public numérique - mais pas que - pluraliste et démocratique.

La bonne nouvelle, c'est que cet "internet chouette" existe déjà !

En effet, techniquement, nous pouvons d'ores et déjà privilégier les protocoles ouverts plutôt que les plateformes fermées, favoriser la fédération (ActivityPub, XMPP, etc), réhabiliter les flux RSS comme outil d'autonomie informationnelle, encourager des pages légères, aux données interopérables, pratiquer l'auto-hébergement ou l'hébergement associatif, réduire nos dépendances aux clouds centralisés, aux outils que nous ne maîtrisons pas, et au capitalisme de surveillance.

Framasoft est déjà, à notre connaissance, le plus gros hébergeur associatif mondial de services en ligne. Nous sommes aussi l'éditeur de la principale solution d'hébergement et diffusion de vidéos, libre et fédérée : PeerTube.

Pour les prochaines années, nous souhaitons nous attacher à promouvoir et développer un internet peut-être moins performant, mais plus robuste, et surtout plus vivable et habitable.

Comment ?
Venez découvrir nos propositions… Et faire les vôtres.


Intervention tout public: Nom de l'association ou entreprise:

Framasoft

Après avoir travaillé pour différentes universités ainsi que pour le CNRS, Pierre-Yves Gosset a été de 2008 à 2024 directeur de Framasoft, une association d'éducation populaire aux enjeux du numérique et des communs culturels. Aujourd'hui coordinateur des services numériques de l'association, il est à l'initiative de différents projets (Framakey, Dégooglisons Internet, CHATONS, Framaspace, etc.), et agit depuis de nombreuses années pour défendre l'idée d'un numérique libre et émancipateur pour toutes et tous.

Autre(s) intervention(s) de l'orateur :